Pourquoi nous documentons notre propre agent
La plupart des études de cas sur les agents IA reposent sur des chiffres invérifiables. Nous avons pris le parti inverse : mesurer notre propre agent de prospection, celui qui alimente le développement de notre activité, et n'écrire que ce que les journaux techniques permettent de compter.
L'agent en question est un agent de prospection B2B qui tourne seul, sans qu'un humain ne le relance à chaque cible. Il illustre concrètement la définition que nous donnons ailleurs d'un agent IA : un logiciel qui poursuit un objectif de bout en bout, décide et agit dans des outils réels.
Ce que l'agent fait à chaque exécution
Pour chaque cible, l'agent enchaîne une trentaine d'étapes de raisonnement : il recherche l'organisme, vérifie qu'il correspond aux critères, identifie le bon interlocuteur, puis rédige un message personnalisé à partir d'informations réelles plutôt qu'un gabarit unique envoyé à tout le monde.
Il travaille toute la journée, sans creux de motivation ni oubli de relance. C'est exactement la logique décrite dans notre guide sur automatiser la prospection B2B avec l'IA : la valeur ne vient pas du volume brut d'emails, mais de la constance et de la personnalisation à l'échelle.
Les chiffres mesurés (25 avril au 15 septembre 2026)
Sur 144 jours actifs, l'agent a traité environ 986 organismes en 2 249 exécutions du modèle de langage. Le coût d'inférence cumulé s'établit à environ 1 098 €, soit près de 230 € par mois pour un agent qui tourne en continu.
En zoomant sur les trente derniers jours de la fenêtre (16 août au 15 septembre 2026), on compte 456 exécutions pour environ 205 € d'inférence, soit à peu près 0,45 € par exécution et près de 7 € par jour. C'est l'ordre de grandeur d'un agent parmi les plus intensifs qu'on puisse confier à une PME.
Un facteur explique ce coût contenu : la mise en cache du contexte. Dans notre mesure, plus de 95 % des jetons lus par le modèle proviennent du cache, facturé une fraction du prix normal. Le détail de la structure de coût figure dans le guide Combien coûte un agent IA.
Ce que nous ne mesurons pas (et pourquoi nous le disons)
Nous ne publions aucun chiffre de conversion : ni nombre de rendez-vous obtenus, ni chiffre d'affaires attribué à l'agent. La raison est simple : un rendez-vous se décide rarement au premier message, il se joue sur des échanges, des recommandations et du hasard de calendrier que le journal de l'agent ne capture pas de façon fiable.
Afficher un taux de conversion précis serait donc inventer une causalité que nous ne pouvons pas prouver. Nous préférons publier ce qui est mesuré (la cadence, le coût) et rester honnêtes sur ce qui ne l'est pas. C'est aussi la garantie que nous donnons à nos clients : des indicateurs qu'on peut vérifier, pas des promesses.
Les limites : un agent n'est utile que supervisé
Cet agent ne fonctionne bien que parce que son périmètre est borné et qu'un humain garde la main : contrôle des messages, ajustement du ciblage, correction des cas limites. Un agent de prospection laissé sans supervision dérive vite, abîme la réputation d'expéditeur et envoie des messages à côté.
La leçon rejoint ce que nous répétons partout : on démarre sur une tâche précise et mesurable, on suit les bons indicateurs, et on garde un responsable humain des sorties. C'est ce qui sépare un agent qui tient dans la durée d'un projet abandonné au bout de trois mois.
Ce que ce cas implique pour votre PME
Si vous hésitez à confier votre prospection à un agent, ce cas donne deux repères concrets. D'abord, le coût du modèle d'IA lui-même est réel mais modeste et connu d'avance : quelques centaines d'euros par mois pour un usage intensif, souvent bien moins pour un périmètre étroit. Ensuite, ce qui fait le prix d'un agent, ce n'est pas le moteur d'IA, c'est le branchement à vos outils et la supervision humaine.
Le bon point de départ reste le même : une tâche chronophage, un critère de réussite chiffré convenu à l'avance, et une mesure honnête. C'est l'objet du rendez-vous de cadrage de 30 minutes, sans engagement.